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 12 pensées sur l'auto-mutilation

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Dwelt
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MessageSujet: 12 pensées sur l'auto-mutilation   Lun 29 Mai - 10:04

12 pensées sur l'auto-mutilation


Source : Why can't I stop hurting myself ? 12 thoughts about that



Alors, pourquoi est-ce si difficile d'arrêter l'auto-mutilation ?
Je veux dire, il y a des pages et des pages sur de bonnes techniques de distraction dans ce monde ici-bas. Une cinquantaine de bonnes idées sont déjà mentionnées sur mon blog, dans mes posts précédents. Cela ne devrait-il pas être suffisant pour arrêter ?

Pour beaucoup de gens, ça ne l'est pas.

Pourquoi est-ce tellement, tellement difficile de changer les comportements auto-destructeur ? Pourquoi des gens se font-ils tant de mal ?

"Pourquoi je ne peux pas arrêter de me faire du mal ?"
J'ai eu droit à cette questions des centaines de fois, si seulement je ne l'avais entendu qu'une seule...

Je ne pense pas qu'il n'y ait qu'une seule et simple réponse à cette question. Je sais qu'il n'y a pas qu'une seule et simple raison. Il y a plutôt près d'une centaines de raisons différentes, probablement plus encore. L'auto-mutilation va beaucoup plus loin que le comportement visible. Les racines partent profondément dans les schémas familiaux, les apprentissages, et les processus de pensées.

Ma théorie est que l'idée d'auto-mutilation varie de personne en personne, et que la raison de se raccrocher autant à l'auto-mutilation est aussi unique que les individus eux-même.

Toutefois, au cours des années, j'ai vu et entendu quelques schémas répétitifs tandis que j'étais assise avec des survivants dissociatifs ayant une longue, très longue histoire d'auto-mutilation, d'auto-destructions et de comportements auto-abusifs. Aussi, je suppose que certaines de ces idées pourraient s'appliquer à quelques uns d'entre vous.

Voici seulement 12 des raisons derrière le comportement expliquant pourquoi certaines personnes ne peuvent s'arrêter de se faire du mal :


1. L'auto-mutilation a été enseignée, même à un jeune enfant, comme étant la bonne chose à faire.

Dans cette situation, la jeune personne était admirée pour la quantité de douleur qu'elle pouvait supporter, et plus elle pouvait rester avec la douleur sans flancher ou gémir, plus elle recevait d'affection. L'auto-mutilation directe était définie comme une bonne chose, et le jeune apprenti était récompenser pour apprendre à l'utiliser. Ces apprentissages peuvent venir d'un simple schéma familiale quotidien, ou peuvent être une partie d'un enchevêtrement complexe d'instructions dans le but d'un contrôle mental. Enseigner c'est enseigner, et apprendre c'est apprendre. Quand quelqu'un apprend à se faire du mal, il apprend à se faire du mal et continue. Encore et encore, surtout quand ils sont récompensés pour ça. Et ils continueront jusqu'à ce qu'ils apprennent quelque chose de nouveau.



2. Dans certaines familles, l'auto-mutilation est plus acceptable ou désirée dans le système de croyance de la famille que l'expression de vraies émotions et de sentiments sincères.

Dans ces situations, on aura répété à la personne que pleurer était une mauvaise chose, ou qu'elle sera punie pour exposer sa colère, ou humiliée pour avoir montré sa peur.
Par exemple, la personne aura découvert qu'elle peut tranquillement se couper, se brûler, ou se faire vomir sans attirer l'attention, mais qu'elle sera sévèrement réprimandée ou punie si elle est vue pleurer, crier ou trembler. Prenez le temps d'observer les règles et croyances de votre famille. Etes-vous toujours en accord avec ces concepts ? Avez-vous le courage de faire quelque chose d'autre que ce que votre famille attend de vous ? Voulez-vous briser les vieilles règles de votre famille ?



3. Dans beaucoup de relation dysfonctionnelles, l'expression des sentiments était tellement supprimée et interdite que la personne a appris à utiliser l'AM comme moyen de se "soulager" de leurs émotions, au lieu d'utiliser des moyens plus sains de les exprimer.

La personne aura appris à utiliser l'auto-mutilation comme méthode par défaut pour exprimer leurs émotions, et/ou l'auto-mutilation est devenue la méthode la plus rapide pour atteindre le flou émotionnel, simplement et franchement bloquer autant de ressentis que possible. Renverser ce processus prendra beaucoup de temps, mais est possible. A ce moment, vous pouvez décider si vous voulez garder ces schémas auto-destructeurs ou si vous voulez trouver des moyens d'expression plus naturels. Etes-vous prêt à vous autoriser à pleurer ? Etes-vous assez brave pour montrer votre colère ? Etes-vous prêt à retrouver vos émotions et vos sentiments sans les repousser ?



4. Des années d'apprentissage et de comportements répétitifs sont très difficiles à changer.

Des années de répétition ne sont pas faciles à changer, quelque soit le sujet. Ces comportements deviennent une seconde nature, et peuvent se déclencher avant même que la personne ne le réalise. Apprendre au cerveau à faire quelque chose de différent demande un effort consistant, persistant, intense. Etes-vous prêt à laisser l'émotion planante qui vient avec les substances chimiques relâchées par le cerveau après l'auto-mutilation ? Apprendre à votre corps et votre cerveau de nouveaux comportements est un énorme travail. Vous devez vraiment, vraiment, vraiment vouloir changer si vous voulez être capable de travailler aussi dur. Jusqu'où êtes-vous prêt à travailler pour changer ces comportements d'auto-destruction ? Etes-vous prêt à faire tout ce qu'il faut pour aller mieux ?



5. La peur du changement.

C'est probablement basé sur ce que la famille leur a appris, mais beaucoup de personnes dissociatives sont effrayées par le fait d'apprendre quelque chose de nouveau. "Et si j'étais punie pour avoir fait quelque chose de différent de ce que j'ai appris à faire ?". Punie ? Punie par qui ? Y a-t-il des gens extérieurs dans votre vie qui vous puniraient toujours littéralement ? Si oui, c'est un tout autre, et très important, sujet car qui sont-ils et pourquoi êtes-vous toujours en contact avec quelqu'un de violent ou d'abusif, qui vous contrôle de cette façon si douloureuse ? A moins que vous soyez effrayé par des punissions venant de l'intérieur ? Pourquoi ces parties croient toujours aux punitions physiques ? Etes-vous inquiet à propos des règles du passé, et combien s'appliquent encore à votre vie d'aujourd'hui ? De quoi êtes-vous aussi effrayé et comment pouvez-vous exprimer cette peur sans plus d'auto-mutilation ? Ce ne sont pas des questions simples : cela demande beaucoup de travail de pouvoir y réfléchir précisément.



6. Revendiquer ou montrer des sentiments de colère est absolument interdit et/ou tellement terrifiant, que la personne préférera sincèrement utiliser des comportements auto-destructeurs que montrer sa colère.

La colère est une émotion dure, surtout pour les gens qui ont vécu longtemps en compagnie de personnes abusives qui utilisaient leur colère de la pire façon. Ressentir ou montrer sa colère n'est pas égal au fait d'être abusif. Etre en colère ne fait pas de quelqu'un un prédateur. Séparer le sentiment de colère des comportements abusifs est un composant important du processus visant à exprimer ce sentiment naturel sans le contexte d'abus qui était requis. Pourquoi préférez-vous vous auto-mutiler plutôt que de ressentir votre colère ? Cela aussi est une question importante : prenez le temps d'y réfléchir. Quelles règles suivez-vous par rapport à votre colère ? Sont-elles saines ?



7. La dissociation atténue la douleur. L'auto-mutilation "ne fait pas mal". "Je ne le sens pas".

Quand une personne a appris à se dissocier de la douleur, elle ne ressent pas la douleur de façon normale, même celle de l'auto-mutilation. Sans la "conséquence naturelle" qu'est la douleur, il est beaucoup plus difficile de voir le besoin de rejeter, d'arrêter ou d'éviter les comportements d'auto-destruction.
Quand, pendant des années, des survivants négligés restent assis seuls, enfermés dans leur douleur, même en tant que jeunes enfants, ne recevant aucun réconfort, ces survivants qui sont laissés seuls avec leur douleur vont apprendre à la faire ressortir de toutes les façons à leur disposition. Ils se dissocient du corps, ce qui signifie qu'ils se dissocient de la douleur. Arriver à créer un lieu suffisamment sûr pour rester dans le corps est important. Et enfin, trouver des façons saines de se réconforter est plus souhaitable que de s'assoir face à la réalité de la douleur.



8. "Je mérite d'être puni", "Je suis méchant", "Je ne mérite aucune gentillesse", ou tout autre version de ces pensées négatives et auto-humiliantes.

Quand la croyance sous-entendue à propos de soi-même devient plus positive, le besoin de se punir/se faire mal/de se détruire diminuera aussi.
Qu'est-ce que cela vous demanderait d'avoir/de gagner/de mériter/d'accepter/d'attendre de recevoir du respect, de la gentillesse, de la douceur, et de prendre soin de vous ? Croyez-vous à la punition de façon rationnelle ? A quel point cette croyance est-elle basée sur le passé et à quel point est-elle encore applicable aujourd'hui ? Confrontez-vous. Peut-être, juste peut-être, que vous n'avez plus besoin de vous punir à présent. Peut-être que vous n'êtes pas si mauvais que ce que vous pensez.



9. "J'ai besoin de me sentir réel ou en vie", "Le seul moyen de me sentir réel est en voyant du sang, ou en percevant la douleur".

Ces gens sont en général tellement séparés de leur corps, tellement séparés d'eux-mêmes, tellement dépersonnalisés et détachés qu'ils ont besoin d'une preuve visuelle qu'ils ne sont pas en plastique ou totalement faux. Mais n'y a-t-il rien d'autres qui puisse vous faire vous sentir en vie ? Que pouvez-vous faire pour réveiller vos sens sans avoir à vous blesser ?



10. "C'est juste le corps. Le corps n'a pas d'importance".

Ouch. Ok, j'ai compris. Le coeur, la conscience, l'esprit et l'âme souffrent beaucoup plus que le corps, et oui, à ce niveau, ces parties importantes de vous restent protégées par le corps. Et les personnalités peuvent se séparer et se dissocier du corps de toute façon, et ont leur propre corps intérieurs, alors oui, la connexion au corps extérieur est un énorme sujet en lui-même. Le corps a une signification différente pour les survivants dissociatifs par rapport à ceux qui ne peuvent quitter leur corps si aisément. Se séparer du corps a ses avantages. Mais tandis que cette pensée a aider beaucoup de survivants à travers la douleur des abus, préserver cette pensée signifie perpétué ce manque de respect envers votre corps. Quand est-ce que le corps gagnera sa propre place et son propre respect ? Quand est-ce que le corps ne sera plus abusé, traumatisé ou blessé injustement ?



11. "Les voix à l'intérieur m'ont dis de le faire".

Pour ceux ayant un TDI, cela est en lien avec le fait d'accomplir le travail du système et le travail à l'intérieur qui est nécessaire pour résoudre les problèmes que vous avez. Si quelqu'un à l'intérieur vous dit de vous faire du mal, qui le dit ? et pourquoi ? et qu'arrivera-t-il si vous ne le faites pas ? Pourquoi cela arriverait-il ? Pourquoi disent-ils cela et où ont-ils appris ce comportement si destructeur ? Est-ce que vous leur montrez qu'ils n'ont plus à être destructeurs désormais ? Et si ils le croient vraiment, comprenez-vous pourquoi c'est si réel pour eux ? Beaucoup de communication interne est nécessaire. Et toutes les personnalités qui sont impliquées dans l'auto-mutilation doivent prendre conscience de cette liste et découvrir ce qui leur arrive de façon individuelle.



12. Les trous de mémoire. "Je ne savais même pas que c'était arrivé".

Pour beaucoup de gens avec un Trouble Dissociatif de l'Identité, l'auto-mutilation arrive alors que vous avez changer de personnalité dans votre système. Ce genre d'actes renvoie au besoin de travailler sur le système et de construire une meilleure communication interne. Trouvez qui sont ces parties, et créer une relation positive avec eux. Trouvez pourquoi ils se coupent. Qu'est-ce qui les déclenche ? Qu'est-ce qui les calme ? Pourquoi se coupent-ils ? Les comprenez-vous ? Jusqu'à ce que vous en appreniez plus à propos de votre système, vous pourriez bien être mis de côté, derrière des murs amnésiques, tandis qu'ils sortent et font ce qu'ils ont besoin de faire.



Manifestement, pour s'occuper convenablement des problèmes d'auto-mutilation, cela demande plus que de remplacer ces comportements par des techniques de distraction. Toutefois, ces techniques de distraction peuvent être une énorme aide à utiliser quand vous gérez un ou plusieurs des exemples ci-dessus.

Je pense que vous avez déjà été plus qu'assez blessé. Vous ne méritez ni n'avez besoin de plus de douleur. Vous blesser à ce point ne vous aidera pas.

Cela ne vous a pas aidé par le passé et ne vous aidera pas maintenant.

A la place, soyez patient avec vous-mêmes. Soyez gentil. Occupez-vous de vous avec la tendresse et l'attention que vous auriez dû avoir toutes ces années.

Vous n'avez plus besoin d'être blessé désormais.

Chaleureusement,
Kathy
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